dimanche 31 août 2008

Lesoba (Free State)

Bon le week-end se termine et je me rends compte que ce blog a pris du retard, je m'attaque donc à cela!

Et commençons le plus en retard! Pour le We du 15 aout, nous avons décidé à l'arrach' de partir pour ce qui s'annonce être un WE repos et marche! Nous mettons le cap sur le Free State qui a l'avantage d'être plus chaud que le Gauteng (plus basse altitude) et surtout facilement accessible depuis Pretoria (4h30 en voiture pour aller jusqu'à la frontière avec le Lesotho). Donc nous remettons la torpédo en marche et "en avant Guingamp" nous nous rendons dans une ferme trouvée au hasard sur internet! Lors de notre périple au ski, nous avions traversé la région et nous nous étions promis d'y revenir pour marcher et découvrir plus largement!
Nous attenions enfin cette ferme, il n'y a plus aucune lumière aux alentours quand nous arrivons et pour cause, à part des villages non électrifiés il n'y a rien à plusieurs kilomètres à la ronde! La partie "repos" du WE semble donc bien engagé!
Finalement nous nous retrouvons dans un chalet au bord du barrage (c'est le nom qu'il donne au réserve d'eau que les fermiers créent, et on peut dire que chaque ferme à son "dam"!) Nous sommes comme des coqs en pâte! Il faut maintenant s'attaquer à la partie "marche" du programme....Et là on a le droit à une superbe rando, balisée, une fois n'est pas coutume, et accompagnée puisque les trois chiens de la ferme nous escortent, ce qui n'est pas pour nous déplaire, notamment au regard des rencontres avec les serpents qu'ils peuvent nous éviter!!!
Finalement ils vont meme nous donner une démonstration de chasse puisqu'ils partent à la poursuite de deux chacals....mais peine perdue, leurs lointains et sauvages congénères courent encore!
En définitive on aura passé un superbe moment dans ce coin paumé, dans cette ferme où parfois on pourrait avoir l'impression que le temps s'est arrêté....et où la guerre avec les gens venant du Lesotho est permanente....peut on seulement croire qu'au milieu de ce désert, ces fermiers vivent avec une alarme reliée à leur chambre, pour surveiller que leurs bêtes ne sont pas volées! Finalement une dimension de ce pays qui nous surpendra toujours!

Une ferme typique


Paysages sur notre route

Notre rando, très sportive sur certains passages

Nos compagnons de marche, sous le charme d'Emilie...




Paysages.....



Aahhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!!!!!!!

samedi 9 août 2008

Souvenirs d'une mission aux Comores et à la Réunion...

A la faveur d'une mission fin juillet j'ai eu l'opportunité de pouvoir découvrir les Comores (du moins Grande Comores) et l'Ile de la Réunion....le moins que l'on puisse dire c'est que ces deux îles n'ont pas grand choses en commun!!!
Déjà le départ vers les Comores depuis l'Afrique du Sud c'est assez épique...départ le dimanche à 00h50 à Joburg...le dernier vol sachant que l'aéroport n'est pas des plus surs, du moins ces environs, mieux vaut arriver tôt! Ensuite escale à Nairobi...on tombe sur un scénario ubuesque, les passagers sont devenus excédés à la suite de multiple report de notre vol suite à des ennuis techniques...on nous annonce ensuite que notre vol ne fera pas escale à Mayotte...les passagers se disent alors que c'est simplement pour éviter les contrôles français et donc que l'avion n'est pas sûr! Pas mal comme mise en jambe, en tout cas lors de notre arrivée à Moroni, c'est tout de suite une mise en condition...des chèvres paissent sur le parking de l'aéroport, la route est défoncée, les maisons le long de la route sont toutes récentes, jamais terminées....et le paysages est lunaire...des coulées de lave qui descendent dans le canal du Mozambique....on sent la présence du tout proche volcan!!!! Le Karthala est là sous nos yeux...Mais au final je n'aurais pas le temps de le contempler puisque le boulot sera relativement dense...de même pour Moroni, et je le regrette...On aura eu juste le temps de descendre dans notre hôtel, le plus luxueux des Comores apparemment...rien de bien incroyable pourtant...de là on aura eu le temps de constater la ruine de ce pays qui a vécu depuis plus de vingt ans une multitude de coups d'état et qui subit les ravages d'une corruption qui a vidé le pays de l'ensemble de ces faibles richesses et potentiels....A présent la situation devient dramatique, presque plus d'essence sur l'ile, donc presque plus d'électricité, donc presque plus d'eau...pour ceux qui peuvent avoir de l'essence, les groupes électrogènes tournent en boucle...une sorte d'image de fin du monde pour ce pays qui vit maintenant beaucoup grâce à l'aide de sa diaspora plus importante que sa population et notamment basée en France! Au final des Comores je retiendrai donc la gentillesse des gens, le parfum de l'Ylang Ylang et puis la langouste à la vanille de l'Hotel Moroni, un endroit atypique, mi repère d'espions, mi hotel dit "du pigeon doré" (=service minimum/référence à Margerin)...



quelques images de Moroni et de ses environs

Notre mission s'est ensuite poursuivie à la Réunion. Finalement on a eu le loisirs de visiter un peu plus l'ile qu'aux Comores et le moins qu'on puisse dire c'est que l'île est magnifique...tout autant pour ses paysages que pour ses contrastes de population. Au travers des routes ultra sinueuses de l'île (et franchement c'est peu dire!) nous sommes montées au piton de la Fournaise...temps exécrable, aucune visibilité si ce n'est pour un cratère à proximité du cratère principal, nuit qui tombe...bref un coup d'épée dans l'eau...le lendemain pas effrayés nous repartons avec mes collègues pour le Piton des Neiges, et des ballades à presque 3000m au dessus des différents cirques...temps superbe, des vues incroyables et des envies de revenir sans tarder pour pouvoir randonner dans ce décor extraordinaire....On a fini par un petit bain et des repas locaux, réellement divins!!!
Vue des hauteurs de St Denis





Photos d'une ballade à proximité du piton des Neiges

Bon vent et à bientot pour d'autres aventures avant l'arrivée de Sarah et d'Hadrien en septembre!

samedi 19 juillet 2008

Avis de grand froid au Lesotho

Nous nous l'étions secrètement promis, cet hiver nous irions faire du ski...La paire de ski qui trainait dans le garage de mon boss, et une promesse passée au fil de l'été, nous liait...Maintenant restait à définir quand et comment...Mon boss étant dispo en juillet et comme c'est la meilleure saison pour le ski (le mois de décembre pour les gens de l'hémisphère nord) et bien en moins d'une semaine on cale cela. Il existe deux ou trois stations en Afrique australe...la majorité se trouve au Lesotho, une en Afrique du Sud. Pour nous la plus proche s'appelle Afriski, elle est au Lesotho...ça tombe bien nous n'y sommes jamais allés! Tout est prêt nous partons avec Emilie, mon boss et Nicolas (VIA comme moi). Le Lesotho est à 4-5h de route de Pretoria. C'est un tout petit pays qui est complètement enclavé dans l'Afrique du Sud. Un des pays les plus pauvres du monde, puisque disposant de peu de richesses, et subissant les ravages du Sida!

Nous passons la frontière vers 20h et arrivons à la station vers 21h. Enfin la station c'est un bien grand mot! En fait ça ressemble à un pari entre copains férus de glisse..."et si on faisait une station de ski au milieu de nulle part?". Bref à la sortie quelques chalets et une sorte de bunker comme backpackers et c'est partie....à oui;il y a accessoirement aussi une piste de ski...une seule piste de ski! Nous logeons au bakcpackers parce que mine de rien, pour les sud africains désireux de s'initier au plaisir de la glisse les tarifs sont très chers! Bref je vous dans le contexte...on est à plus de 3000mètres d'altitude, il fait environ -10°c et il n'y a pas de chauffage...ouais ça va être sympa! Bref après une nuit dans un frigo, on peut enfin skier un peu...la neige est très bonne, faite à grand renfort de canons à neige...pas mal de monde, un téléski, et une piste seulement ouverte à moitié!



Bref une expérience unique quand on réalise qu'on est en Afrique...Les Sud Africains nous disent que ça leur permet d'entrainer leurs enfants avant d'aller skier en Europe ou en Amérique du Nord...on sent que l'argent n'est pas un problème....

Bref bon WE, le retour au Lesotho est super impressionnant, on passe à proximité de communités humaines super reculées, malheureusement dès qu'on s'arrête on est assailli par des enfants qui viennent mendier...la vie paraît très difficile, en plus des conditions naturelles déjà très limites..



Bon vent à tous

mardi 15 juillet 2008

18 juillet 1918...ça vous dit quelque chose?

Et bien ce n'est pas la date de naissance de ma grand-mère...non, non elle est née deux jours plus tard!!! C'est la date qui met l'ensemble de l'Afrique du Sud en effervescence...la date de naissance de Mandela et donc son 90ième anniversaire cette année (comme ma grand-mère du reste!) !!!
Alors les célébrations vont bon train dans le pays et à l'étranger aussi...Et nous avons donc eu l'immense privilège d'avoir été invité à Johannesbourg, à l'une d'elle et pas des moindres...En effet la fondation créée par Nelson himself pour les enfants sud africains, célébrait l'anniversaire de son créateur à l'école française, en présence du Prix Nobel et de Rama Yade qui avait fait le déplacement! Alors forcément l'occasion était trop belle...nous accourons!


Alors ce qu'on peut dire c'est que Nelson n'a plus vraiment la pêche, il a vraiment du mal à marcher et je pense qu'il avait fait l'effort pour sa fondation qui lui tient à coeur...mais je pense qu'il n'aspire pas particulièrement à célébrer son anniversaire avec la terre entière!!! Et puis la fondation a beaucoup de sponsors parmi les grandes entreprises sud africaines, du coup on avait l'impression d'un défilé de personnes de grands groupes qui voulait avoir sa photo avec Nelson, et lui super passive...ça faisait un peu de peine. Avant ça nous avons eu droit à des discussions entre les jeunes de la fondation, qui disait que le racisme ça n'était pas beau et qu'il fallait que nous soyons tous frères....discours teintés d'angélisme et finalement lassant à la longue...ensuite Rama Yade, avec qui nous avions inauguré l'alliance française de Soweto la veille, est venue porter la bonne parole à Nelson...elle semblait assez sincère, son discours ce jour là sonnait bien!
Voila donc la rencontre avec le mythe était importante mais je dois dire que l'utilisation du produit Mandela m'a un peu choqué...et j'apprécie plus de voir les photos de Nelson dans son village natal fêter cela en famille!

Allez biz



vendredi 4 juillet 2008

Et finalement le Parc Krüger....

Ca n’est pas que l’on se refusait à tout prix à se rendre dans ce haut lieu du tourisme sud-africain, mais il est vrai que cet aspirateur à touristes ne nous apparaissait pas comme une des priorités dans nos pérégrinations. Alors bien il y a tout ces dimanches après-midi passés à regarder en plein hiver les scènes de chasse d’une bande de lion, ou la vie d’un crocodile au bord d’un point d’eau qq part au beau milieu du Krüger…mais quand meme. Tout cela nous paraissait en effet largement accessible dans de plus petites réserves, moins visitées. Et c’est là qu’est l’erreur en définitive car nous devons reconnaître que nous en avons pris plein les mirettes !

entrée du parc

Tout commence par un concours de circonstance. L’autre VI de l’ambassade doit prochainement s’en aller et se dit qu’il est temps qu’il aille faire un tour là bas avant son départ…à ce que cela tienne nous montons une petite expédition à plusieurs ! Il faut savoir que l’hiver est la meilleure période pour aller observer les animaux, il s’agit de la saison sèche, l’herbe se fait donc moins dense, et les points d’eau rassemblent l’ensemble de la faune de par leur rôle stratégique.

Donc c’est à 7 que nous prenons la route, le parc est tout de meme à environ 5 à 6heures de route de Pretoria. Nous choisissons la partie sud du parc qui n’est pas la plus près mais apparemment celle où les animaux sont le plus nombreux. Il ne faut pas se louper parce que le parc à lui seul est plus grand que la Belgique !

Finalement pour notre première journée nous sommes vite mis dans le bain. Après un réveil aux aurores (4h45) pour maximiser nos chances de rencontre, nous n’avons besoin que de15 minutes pour passer aux choses sérieuses. La faune s’est donnée RDV autour d’une carcasse de zèbre fraichement tué ! Les vautours décrivent de grands cercles dans le ciel et les hyènes hurlent avec leur cri si particulier proche de celui d’un bébé. Et les responsables de tout cela sont encore sur les lieux afin de finir leur dégustation ! Les hyènes et les vautours commencent néanmoins à se faire pressants…les lions finiront encore un peu leur festin avant de céder la place à l’ensemble de ces convives…

Une bande de lions qui regarde les plus balèzes se restaurer

Hyènes et vautours se disputeront les restes...

Nous avons vraiment beaucoup de chance de tomber sur une telle scène, et le moins qu’on puisse dire c’est que le Krüger répond à nos attentes ! La journée sera toute aussi belle avec notamment un guépard nous attendant sur le bitume de la route, des éléphants capricieux qui peuvent être menaçant à l’occasion, des hippopotames anesthésiés par la chaleur….bref une belle collection d’animaux que nous avons pu admirer de près. Le lendemain, finalement une journée toute en contraste, très peu d’animaux à voir, mais des scènes fortes : au détour d’un chemin une hyène solidaire traverse la route, se ravise puis finalement choisie de longer notre voiture telle un gros chien qui s’excuserait d’avoir voulu commettre une pareille imprudence ; un peu à la manière d’ailleurs d’un groupe de 7 lions qui ne faisant pas non plus attention à nous traverse la route. Une lionne sort d’abord de nulle part, suivie ensuite d’une autre, et ainsi de suite ! Ils poussent la provocation jusqu’à passer entre nos deux voitures et s’étaler dans le fossé histoire que nous puissions les observer encore un peu….Mais finalement nous n’avons pas semblé exister à leur yeux….le lion justifie là sa réputation de roi de la faune !

Des lions au détour d'un virage...des gros chats en définitive!

Quand je vous dis qu'ils étaient tout près!

les éléphants sont de la partie...et faut pas les provoquer!

Un guépard qui fait bronzette...(très rare car le guépard bronze très mal!)

Hippo relax!

La buvette locale...

Transport de babouins...

Voila donc une excellent WE, assez épuisant en définitive, parce que pas beaucoup de sommeil et beaucoup de route mais très riche en émotion…Et ça n’est pas notre trajet retour qui nous démontrera le contraire…plusieurs cadavres au retour de personnes ayant voulu traverser l’autoroute et qui n’ont pas eu de chance. En effet il y a peu j’avais vu sur Internet qu’un bouquin était sorti référençant les pays les plus dangereux en terme de conduite. L’Afrique du Sud y figurait en bonne place…pas étonnant.

Et puis comment ne pas terminer le WE par la finale de l’Euro de foot ! Et pas n’importe où puisque nous étions avec des Allemands pendant leWE nous avions le devoir d’aller supporter l’équipe nationale à l’école allemande de Pretoria ! On y retrouve une faune là aussi surprenante…un petit bout d’Allemagne à l’autre bout du monde….malheureusement ceux de Vienne n’ont pas su faire prolonger la fête !

Bon vent…

vendredi 27 juin 2008

Les vacances ça va un moment...

Bon il est clair que pour le moment ce blog me sert plus à faire découvrir le pays à travers mes WE et mes vacances....et moins à parler des réalités de la vie ici! Le tir est à rectifier et je m'y attèle donc de ce pas!
Aujourd'hui je parcours la presse et je tombe sur un article du Monde particulièrement intéressant. Je vous invite donc à lire, et découvrir des statistiques extrêmement parlantes et qui laissent augurer un avenir pas forcément rieur pour l'Afrique australe!

L'Afrique australe concentre les deux tiers des séropositifs au monde
LEMONDE.FR avec AFP | 26.06.08 | 20h42 • Mis à jour le 26.06.08 | 20h53

'Afrique subsaharienne concentre environ les deux tiers des séropositifs au monde, relève le Rapport annuel sur les catastrophes dans le monde de la Fédération internationale de la Croix-Rouge, publié jeudi 26 juin. Et quelque 22,5 millions de personnes vivent avec le virus en Afrique australe. Cela signifie qu'au moins une personne sur dix est séropositive en Afrique du Sud, au Zimbabwe, au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, en Namibie, au Swaziland et en Zambie.

A ce titre, l'épidémie de VIH qui touche l'Afrique australe peut être qualifée, selon la Croix-Rouge, de "catastrophe", au sens où l'entend l'Organisation des nations unies, qui la définit comme une "rupture grave du fonctionnement d'une société, entraînant des pertes en vies humaines, matérielles ou environnementales, dont l'ampleur excède les capacités de ladite société à y faire face".

L'épidémie de VIH a des conséquences sur tous les secteurs de la vie africaine : déclin de la croissance économique, de la productivité et de l'emploi, en passant par l'effondrement des systèmes de santé et d'éducation, les pénuries alimentaires et la multiplication du nombre d'orphelins. "L'ampleur et la gravité de l'épidémie du VIH et du sida auraient pu être limitées, mais l'ignorance, l'opprobre, l'inaction politique, l'indifférence et la négligence ont entraîné des millions de décès", a dénoncé Lindsay Knight, qui a participé à la rédaction du rapport.

FINANCEMENTS INSUFFISANTS

Si les personnes les plus pauvres sont les plus vulnérables face au virus, celles qui se déplacent de pays en pays le sont aussi. La main-d'œuvre migratrice, souvent accusée de propager le virus, en serait en fait une victime, selon le rapport.

Le lien entre la guerre et le virus est également étudié : environ la moitié des pays à taux élevés de VIH ont été touchés par un conflit majeur entre 2002 et 2005. La guerre entraîne des viols, des déplacements en masse, ainsi qu'une désorganisation des services de santé, des programmes sociaux et des systèmes d'éducation : autant de facteurs qui contribuent à exacerber le risque d'infection, d'autant que le recours à la prostitution est parfois nécessaire pour survivre. Cependant, le rapport reste prudent sur le lien entre la guerre et le VIH.

Selon le rapport, les aides financières destinées à la lutte contre le VIH et le sida dans les pays à revenu faible ou moyen ont sensiblement augmenté, mais elles restent nettement insuffisantes pour garantir l'accès universel à la prévention, aux traitements et aux services de soutien.