vendredi 30 mai 2008

Mozambique bis repetita

Salut,


Et bien pas simple de suivre le rythme qu'impose ce blog, en effet je vois que mon dernier message date déjà un peu! Donc voici des nouvelles plus fraîches de retour d'une mission au Mozambique...
Ces quelques mots pour vous faire partager mes impressions sur cette ville de Maputo, qui est la seule finalement que je connaisse du pays!


Cette fois-ci ma mission "enjambait" un We et il m'a donc été facile de prendre un peu plus mon temps pour découvrir cette ville à pied et en apprécier les contours, les usages. C'est donc plus facile d'en parler dans ces conditions.

Pas de programme clairement défini au départ si ce n'est la visite du musée de la Révolution qui par son seul nom me semble valoir le détour (surtout quand on constate les effets de cette Révolution). Pour ça il me faudra repasser parce que j'ai trouvé porte close! La Révolution ne semble accessible qu'en semaine!! Donc j'en suis quitte pour continuer ma déambulation...on se repliera sur la nourriture si le culturel ne suit pas!

Pas génial de circuler en bagnole à Maputo!

Il est troublant de constater combien la vie semble, à Maputo, presque ilienne. Un peu à la manière d'une longue attente de la venue d'un improbable bateau.Pas simple de comprendre qu'est ce qui matérialiserait ce navire et justifierait cette attente...en tout cas dans l'ensemble de la ville cette même impression (sans doute celle que l'on rencontre dans beaucoup d'autre pays d'Afrique), des gens posés sur des bancs, assis sur un trottoir ou allonger dans l'herbe et attendant que le temps s'écoulent, qu'une nouvelle journée commence et que celle-ci se termine... le lendemain sera sans doute similaire au jour précédent. Les raisons de ces comportements sont sans doute à rechercher dans l'histoire récente du pays..Je dois dire que là dessus j'ai été un peu éclairé par certaines rencontres. En premier lieu ce qui m'est apparu c'est que la colonisation portuguaise semble avoir été relativement moins brutale que celle conduite par les autres pays européens sur le continent, mais il n'apparait pas que les Portuguais aient notablement développé l'exploitation des ressources (y on quand même légué un barrage!), son potentiel agricole est notamment complètement sous exploité. Résultat les Mozambiquains aujourd'hui ne mangent pas à leur faim...et fuient chez leur voisins sud af'..(on a vu comment ils sont reçus d'ailleurs!). Le Mozambique comme beaucoup de pays d'Afrique a connu ses mouvements de libération au sortir de la 2nde guerre mondiale. D'après ce que j'en ai compris, lors de la révolution des oeillets au Portugual, le front de libération du Mozambique FRELIMO, guérilla qui avaient ses bases à partir de la Zambie, est devenu l'interlocuteur du nouveau pouvoir portuguais à partir de 1974. La décolonisation est donc prononcée à partir de là, mais un front de résistance (RENAMO) est monté de toutes pièces par le pouvoir Rhodésien (actuel Zimbabwe et doté d'un régime similaire à l'Afrique du Sud à l'époque!) Ce qui devait être une réconstruction et une reprise en main du pays par ses habiatants tourne à la guerre civile! Le FRELIMO reste au pouvoir mais doit contrer le RENAMO. Cela occasionnera une guerre civile qui durera jusqu'en 1992 et qui fera 1 million de morts (à mettre en parallèle avec la population actuelle de 18M d'habitants!).

Honneur à Samora Machel, le chef historique du FRELIMO

Honneur aux copains du régime!

La villa Algrave: quartier général de la PIDE, les services secrets de Salazar

Faut pas déconner à l'approche des bâtiments officiels!

Et depuis 1992 peu d'investissements dans les infrastructures, un régime verreux au pouvoir ce qui freine les velléités des investisseurs étrangers, hormis les Chinois au nom de l'amicale communiste et du quasi monopole qu'ils peuvent avoir...gniagnia!
Donc globalement le pays vit sous une forme de léthargie puisque rien ne bouge et aucun avenir n'est offert au population, qui souffre par ailleurs d'un faible niveau d'éducation...la seule ressource viable semble être le tourisme, notamment grâce aux sud af qui débarquent par milliers en décembre pour aller manger des crevettes et faire du jet ski sur les plages superbes au nord du pays. Mais la manne ne semble profiter qu'à un petit nombre, la première vision du pays en sortant de l'aéroport demeure celle d'un bidonville immense qui relie l'aéroport à la ville. Le président, comme aux grandes heures de la guerre civile, se trimballe dans la rue avec une escorte pléthorique au sein de laquelle on peut apercevoir une ambulance et un camion pompier! Le lieu où il passe la nuit serait encore apparemment un secret d'Etat! Bref un pays qui ne semble pas encore sortit de l'auberge.

Pour en revenir à moi dans tout cela et bien c'est dans ce contexte que je redécouvre la ville; partir à l'abordage de cela n'est pas une mince affaire. La maîtrise du portuguais n'étant pas ma spécialité je m'arme de mes faibles connaissances en espagnol (merci Paola!) et je transforme cela à la sauce madère! Mais il s'agit surtout pour moi d'arpenter le maximum de cette ville, ses quartiers résidentiels notamment pour avoir une idée de la vie ici aujourd'hui ici. Je m'aperçois d'abord que les monuments souffrent d'un manque d'entretien, signe de la décrépitude de l'Etat et des finances de ses habitants. Ensuite les commerces ici me font penser à ceux déjà aperçus dans les coins les plus reculés d'Europe de l'Est avec pour caractéristiques: pas à la première mode, et beaucoup de librairies...Après il reste l'ensemble des magasins dans les "malls" chinois, c'est plus mode mais toujours peu engageant. Alors ce qui reste de ces déambulations c'est surtout les scènes de la vie quotidienne, le sport (ultra présent dans cette ville et puis quand on a pas d'argent c'est toujours mieux de faire du sport....ou de picoler...y a pas mal de personnes qui ont ça comme hobby à coté des plages) et surtout les anciens quartiers résidentielles portuguais, dans lesquels on a parfois l'impression que le temps s'est arrêté! C'est toujours aussi fascinant et je ne manque pas d'imaginer la ville au temps où elle s'appelait Lourenco Marques et que les grands paquebots y faisaient escales!

Encore quelques jolis bâtiments..mais pour combien de temps encore?

Les plages de Maputo sont également plutot chouettes!

Et puis dernier détail, mais il est vrai que la cuisine ici vaut le détour!

Autrement au niveau de mon boulot sur place, ce fut assez intéressant de piloter conjointement avec mon boss ce concours d'architecture! Le jury a semble-t-il fait un choix intéressant de 5 architectes, mais malheureusement aucun africain! Autrement j'ai eu pour une fois l'honneur d'être reçu à déjeuner par l'ambassadeur sur place, et je peux maintenant répondre à cette fameuse interrogation: on ne sert pas de Ferrero-Rochers à la fin du repas!

A la prochaine...

jeudi 8 mai 2008

Qwaqwa, Durban, Cape Town en une semaine...qui dit mieux?

De retour après une bonne grosse semaine de vacances mais bien intense!

Et oui on a remis en route la machine à crapahutes et on a fait réparé la voiture pour nous précipiter sur les routes ...Il y a qq temps j'ai réalisé qu'un coup de vacances paraissait possible avec l'enfilade de jours fériés (ils sont un peu différents ici mais globalement çà pouvait être intéressant pour une semaine..et non deux comme en France!). Bref un peu à la dernière minute il nous a fallu ébaucher un plan de vacances...trop dur!..on s'en sort quand même et on déniche une rando de 4 jours en autonomie dans ce qui était l'ancien bantoustan du Qwaqwa! Autant dire que sonnait un peu creu à nos oreilles, mais une fois trouvé sur la carte, à la frontière entre la province du Free State et le Lesotho, on décolle! Et quelle belle trouvaille! Franchement, pour un vrai bol d'air frais ce fut réussi...donc au programme quatre belles marches avec des huttes à la fin de chaque jour...des huttes simples, sans électricité, éclairage à la bougie mais eau chaude via un chauffe-eau solaire. A nous de prendre duvets, vêtements, bouffes.

Notre point de départ,
surplombant le village qui se réveille


Paysages Qwaqwa

"Martine à la Montagne"

"Martine à la Neige"

Des bergers du Lesotho que nous rencontrons en marchant.
Ils doivent passer la nuit en altitude dans le bush...
(à mettre en parallèle avec la précédente photo!!!)

Deux personnes étaient sur le même chemin et nous avons donc marchés ensemble. Nos précédentes expériences nous ont poussées à prendre un guide, tant nous savons le soin que les sud af apportent au balisage de leurs chemins. Et finalement super ambiance, super temps et paysages grandioses au rendez vous!Nous avons marché à 3000 mètres à cheval entre le Lesotho et l'Afrique du Sud...au milieu de la neige, d'où Qwaqwa tire son nom (= blanc pur)!
Bref une bonne pause...nous avons fini la rando à deux finalement puisque différents programmes existent. Maintenant on se dit que c'est réellement la meilleure façon de découvrir le pays, puisqu'elle nous offre la possibilité de rencontrer des gens, de nous confronter à des paysages brutes et on n'est pas réellement dans une offre marketing up market comme on n'en trouve de partout à travers le pays pour les étrangers fortunés! Ici, on marche sur des projets de développements de communautés financés par les provinces. On constate que le suivi fait défaut et que les personnes ne sont pas toutes formés pour assurer l'entretien de la structure ou du projet...rien à voir avec les lodges somptueux et c'est tant mieux!
Vue sur le versant Free State

Troisième jour, nous finissons au bord de ce lac

..notre cabane pour passer la nuit y est installée.

Suite à notre escapade, il nous restait trois jours et nous avions le choix entre retourner à Prétoria et aller à Durban, deux points équidistants par rapport à notre emplacement...La décision fut vite prise...on appelle Nadia mon ancienne propriétaire là bas et on l'informe de notre présence au bord de l'océan indien...nous avons intérêt à rappliquer chez elle sinon ça va barder pour nous!!! Et là, on passe donc trois jours en famille, reçu comme des pharaons (ils sont égyptiens...je m'adapte)...Cette escale nous permet de retourner à des endroits qu'on apprécie particulièrement dans la ville, d'en constater les évolutions et de faire des découvertes (des ruelles typiquement indiennes en plein milieu du centre ville).
Petits endroits durbanite
(tu le connais celui-ci Stéphane?)

La famille Dawoud au grand complet!

Nous repartons le jeudi après des adieux chaleureux avec nos supers hôtes pour nous avaler d'une traite les 700 kms qui nous séparent de la capitale. Vendredi matin retour au boulot et vendredi après midi nous repartons déjà pour Cape Town cette fois! 1500kms au sud...on prend l'avion ça sera moins sportif!J'ai une mission du lundi au mardi donc on en profite et nous arrivons dans cette superbe ville pour la première fois pour Emilie et la deuxieme pour moi...Un We relax à la découverte de cette ville qui est beaucoup plus ouverte que les autres villes du pays...Le centre est plus facilement pratiquable à pied, plus vivant également, on y trouve une histoire beaucoup plus ancienne que dans le reste du pays puisqu'il s'agit du point de départ de ce qui s'appelera beaucoup plus tard l'Afrique du Sud..et les métissages de population sont également très importants dans la mesure où le Cap a été au fil des siècles une place d'échanges et de convergence pour les esclaves du monde entier: Chinois, Indonésiens, Africains, Indiens, Japonais!, Malais...Donc au programme visite du musée des esclaves, sillonnage du centre ville, passage sur le sea front, escapade sur la presqu'ile du Cape Point et soirée dans un quartier étudiant assez animé entre dénichage de vieux bouquins et musique live! Dimanche, direction Stellenboch, la ville universitaire à 1/2 du Cap. C'est là que les fondements de la théorie d'apartheid sont apparus, il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une charmante bourgade, assez huppée certes. Bref nous ne sommes pas servis par un temps magnifique, bien au contraire, mais on continue direction Franschoek, pour la traditionnelle ballade dans l'épicentre de la culture française en Afrique du Sud... Cette petite ville en plein milieu des meilleurs vignobles sud af est en effet le lieu dans lequel la majorité des huguenots débarqués ici à la fin du XVIIe s s'est installée. Ils ont bâti leurs fermes, cultivé leur vigne, et ont été très vite assimilé par les Afrikaners. Seuls les noms de famille et ceux des fermes sont restés, et on a présent une petite ville où le drapeau français flotte un peu partout mais surtout pour un dessein commercial! Par contre le musée local est intéressant et retrace bien le parcours des premières familles, le pourquoi de leur départ, et les descendants célèbres qu'ils ont laissé à l'Afrique du Sud...au premier rang desquels on trouve un certain Frederik De Klerk!
Prise de marques depuis le superbe appart de Bettina

Vue sur le port et le centre ville du Cap

Bo-Kaap, le quartier malais..

...les portes de Notthing Hill peuvent aller se rehabiller!

Le phare de Kommatjie, proche du Cape Point

Et çà s'est pas du ciel qui rougeoie?

Voila sinon ma mission au Cap s'est ensuite bien passé, très rigolote et intéressante, à étudier à la fois les locaux de la Résidence et du Consulat sur place et leur réaménagement potentiel...à suivre!
A plus
Une photo en guise de PS...
un cliché sud af:
nous derrière un grillage,
le golf,
des maisons sur le green,
un golfeur blanc.... bref la "belle vie"!